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Leçon numéro 9
Les pronoms-adjectifs démonstratifs - première version



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D'après Lavarenne et Cayrou.
La page 1 contient la leçon. La page 2 les exercices. La page 3 la correction des exercices.


Neuvième leçon

Les pronoms-adjectifs démonstratifs

Rappelons ce qu'en français on appelle un pronom démonstratif: celui-ci, celui-là, celle-ci, ceux-ci, etc. Les adjectifs démonstratifs sont: ce, cette, ces.
En latin, il y en a plusieurs. Prenons d'abord: ille, illa, illud, formes respectives du masculin, du féminin et du neutre, comme on les donne toujours quand il s'agit d'un adjectif ou d'un pronom. Pronom, ille signifie celui-là; adjectif: ce, cette. Et nous pouvons noter qu'on l'emploie pour désigner, soit un éloigné, soit un objet qu'on admire: ille imperator = "ce grand général". Voici sa déclinaison:

Singulier
Nominatif ille illa illud
Accusatif illum illam illud
Génitif illius illius illius
Datif illi illi illi
Ablatif illo illa illo

Pluriel

Nominatif illi illae illa
Accusatif illos illas illa
Génitif illorum illarum illorum
Datif illis illis illis
Ablatif illis illis illis
Au pluriel et à plusieurs cas du singulier, il n'y a rien d'autre que ce qu'on aurait si on avait affaire à un pronom illus, illa, illum, se déclinant sur bonus, bona, bonum. Les particularités sont très peu nombreuses et portent seulement sur:
1. Le nominatif singulier masculin: ille, et neutre: illud. L'accusatif neutre est naturellement semblable au nominatif, comme toujours.
2. Le génitif singulier en ius pour les trois genres.
3. Le datif singulier en i pour les trois genres.
Absolument comme ille se décline iste, ista, istud, qui signifie toujours ce, cette, mais avec une nuance de mépris, en général: iste liber, "ce mauvais livre".
Ipse, qui signifie "même", moi-même. toi-même, lui-même, etc., a également la même déclinaison, sauf que le nominatif accusatif neutre est ipsum (pas de d).
Un peu plus compliqué est is, ea, id, qui signifie encore celui ou ce, selon les cas.
Singulier
Nominatif is ea id
Accusatif eum eam id
Génitif ejus ejus ejus
Datif ei ei ei
Ablatif eo ea eo
Pluriel
Nominatif ei ou ii eae id
Accusatif eos eas id
Génitif eorum earum ejus
Datif eis ou iis eis ou iis eis ou iis
Ablatif eis ou iis eis ou iis eis ou iis
Le pluriel est aussi normal que celui de ille;. il a les désinences de bonus, a, um, avec un radical, e. A noter seulement que devant un i dans la terminaison, l'e du radical peut être remplacé par i: nom. masc. pl.: ei ou ii; dat. et abl. pl.: eis ou iis.
Au singulier, au même radical e s'ajoutent les désinences de ille: eius, ei, etc. Noter que d'ordinaire nous écrivons ejus au lieu de eius. Mais le latin ne connaissait pas la lettre j, qui est un signe inventé seulement au XVe siècle par les grammairiens pour distinguer i consonne (son que nous faisons entendre par exemple quand nous prononçons hier en une seule syllabe), de i voyelle (que l'on entend dans hi-er prononcé en deux syllabes).
Il n'y a donc à remarquer que le nommatif. masculin is et neutre id, où nous retrouvons un d, comme dans illud et istud.
De is, avec la terminaison dem, est formé idem, eadem, idem, qui signifie "le même". Cf. les mots français: identique, identité. La déclinaison de idem est absolument celle de is, sauf au nominatif singulier, où l's de is est tombé, ainsi que le d de id: idem, idem. Mais on a: eumdem, eamdem, idem, ejusdem, eidem, eodem, eadem, eodem, etc.
Terminons enfin par un pronom adjectif assez bizarre d'aspect, mais très fréquent: hic, haec, hoc, qui signifie aussi "celui-là". Il ne faut pas s'inquiéter de voir tant de démonstratifs qui signifient la même chose. En réalité, il y a des nuances assez précises entre eux. Mais nous les étudierons plus tard:
Singulier
Nominatif hic haec hoc
Accusatif hunc hanc hoc
Génitif hujus hujus hujus
Datif huic huic huic
Ablatif hoc hac hoc
Pluriel
Nominatif hi hae haec
Accusatif hos has haec
Génitif horum harum horum
Datif his his his
Ablatif his his his
Il ne faut pas se laisser intimider par ce que cette déclinaison peut sembler avoir d'excentrique.
Notez d'abord qu'au pluriel on a absolument la déclinaison de ille, c'est-à-dire de bonus, avec un radical h tout seul. Seule forme à remarquer, le neutre haec. Mais cette forme est celle du féminin singulier, de même que bona, neutre pluriel, est la même forme que bona, fém. singulier.
Au singulier, c'est un peu plus compliqué, du fait d'une terminaison démonstrative c qui rappelle en somme notre ci de "celui-ci", et qu'on trouve à tous les cas, sauf au génitif hujus.
Ce qui est plus irrégulier, c'est la présence d'un u au génitif hujus, et au datif huic, et aussi la terminaison ae au nominatif féminin singulier: haec. L'o du neutre nominatif, hoc, n'est pas moins curieux.
Epitome historiae graecae : De deis et heroibus
Graecia paeninsula est, quae inter Ionium et Mediterraneum et Aegeum mare procurrit.
Graeciae incolae, Graeci vel Hellenes, a Jove, ut aiunt poetae, originem trahunt.
Les premieres versions que nous allons étudier sont l'oeuvre de latinistes français, qui ont veillé à n'employer que des mots et des tournures à la portée d'élèves ayant seulement quelques semaines d'études.
Nous allons commencer, conformément à une très vieille tradition, par un petit résumé de l'histoire grecque: Epitome (mot grec signifiant "résumé" et passé tel quel en latin) historiae graecae (au génitif). Ce résumé commence par quel1 ques notions de mythologie.
De deis et heroibus. C'est le titre. Nous avons déjà parlé, de l'habitude du latin de former le titre avec le mot de (= "au sujet de") et l'ablatif. Deis est donc l'ablatif de deus, que vous pouvez chercher dans un lexique, mais que vous connaissez même sans cela: "dieux".
Heroibus. C'est évidemment un ablatif pluriel, mais dans la 3e déclinaison on ne peut pas savoir d'avance le nominatif. Vous pouvez hésiter entre herois, comme civis, heroes, comme miles, "le soldat", etc. Le lexique vous apprendra que c'est heros, gén. herois = "demi-dieu". Ne pas confondre avec le mot français "héros", c'est-à-dire "homme très courageux": vir fortissimus.
Graecia paeninsula est, quae inter Ionium et Mediterraneum et Aegeum mare procurrit.
Cela commence par deux mots au nominatif: l'un est sujet, l'autre attribut. "La Grèce est une péninsule" (ou "presqu'île"). Il est inutile de vous faire remarquer une fois de plus l'absence d'article défini (la) et indéfini (une). Vous les suppléez avec votre simple "bon sens".
Quae. Voilà justement un mot que nous n'avons pas encore étudié. C'est le féminin du pronom relatif qui. Nous l'étudierons dès la prochaine fois.
Après le pronom relatif, qui est un sujet, nous allons chercher le verbe. C'est procurrit. Il est à la fin de la phrase. Rappelez-vous bien que, très souvent, c'est à la fin de la phrase que le latin met le verbe. Procurrit vous rappelle legit, 3e conjugaison. Vous cherchez donc au lexique procurro, is, ere. On vous donne à choisir entre différents sens, que le verbe peut voir selon les cas: "s'élancer, s'avancer; s'étendre, affluer, faire des progrès". II est évident que vous ne pouvez pas dire d'une péninsule qu'elle s'élance, ni qu'elle afflue, ni qu'elle fait des progrès. Une péninsule s'étend ou s'avance.
Inter et l'accusatif = "entre".
Mare n'est pas répété devant chaque adjectif. Suppléons-le. Mare Ionium et mare Mediterraneum et mare Aegaeum, "la mer Ionienne, la mer Méditerranée et la mer Egée". Jetez un coup oeil sur la carte pour vous remémorer quelles sont ces mers. Le neutre mare, maris, vous est déjà connu. Si vous ne vous en souvenez pas bien, profitez-en pour revoir les particularités de sa déclinaison: gén. pl. marium; nom. pl. maria; abl. sing. mari.
Graeciae incolae, Graeci vel Hellenes, a Jove, ut aiunt poetae, originem trahunt.
Pour comprendre une phrase, comme cela a déjà été dit, IL faut d'abord bien voir quel en est le verbe. Ici il y en a deux: aiunt, de aio, ais, "je dis"; et trahunt, de trahere, o, is, "tirer".
Remarquons que ut aiunt poetae est entre deux virgules, et que ut signifie "comme". Il s'agit donc d'une petite proposition incise, c'est-à-dire enclavée dans l'autre: "comme disent les poètes".
Le verbe principal est donc trahunt. Le sujet sera par suite au pluriel. Ce ne sera pas Graeciae, qui a bien la forme d'un nominatif pluriel, mais qui est un nom singulier, et ne peut être alors qu'au génitif ou datif singulier. C'est incolae, "les habitants"; Graeciae, "de la Grèce". Les deux noms propres au nominatif aussi: Graeci, "les Grecs", vel, "ou ", Hellenes, "les Hellènes" sont accolés en appositions à incolae.
Ainsi nous avons: "Les habitants de la Grèce, les Grecs ou Hellènes, comme disent les poètes".Originem, accusatif, est le complément direct: "leur origine" (origo, inis). Nous ajoutons leur, que le latin n'emploie pas parce que la possession est évidente.
A, préposition qui gouverne l'ablatif: "de".
Jove, ablatif de Jupiter, génitif Jovis. Notez la grande différence entre le nominatif et le génitif.
"Tirent, à ce que disent les poètes, leur origine de Jupiter", "descendent de Jupiter".




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