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incompréhension : verbes, groupe et forme


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7 réponses à ce sujet

#1 mitrius

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Posté 06 janvier 2011 à 16:45

Bonjour,

Par exemple :

CONSPECTVS
origine : CONSPICIO, IS, ERE, SPEXI, SPECTUM, tr
groupe : déclinaison des participes du parfait masculins des verbes
forme : nominatif singulier
traduction : contempler, regarder

Comment un verbe peut-il être de forme nominative ? Puisque le nominatif s'applique à un sujet.

Je ne comprends pas bien la différence entre groupe et forme...

#2 Fernand

Fernand

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Posté 06 janvier 2011 à 17:32

CONSPECTVS
origine : CONSPICIO, IS, ERE, SPEXI, SPECTUM, tr
groupe : déclinaison des participes du parfait masculins des verbes
forme : nominatif singulier
traduction : contempler, regarder

Comment un verbe peut-il être de forme nominative ? Puisque le nominatif s'applique à un sujet.

"Groupe" ici semble désigner un ensemble de formes qui s'analysent de la même façon.

CONSPECTVS est un participe passé passif qui signifie "ayant été regardé".
Le participe est la forme verbale qui déguise le verbe en adjectif qualificatif. Il doit pouvoir s'accorder avec n'importe quel substantif ou pronom. Pour montrer à quel mot il s'accorde, le participe dispose du même jeu de terminaisons qu'un adjectif. CONSPECTVS, A, VM a le même jeu de terminaisons que BONVS, A, VM.

Le nominatif est un cas, c'est-à-dire une certaine forme d'un mot. Le nominatif est la forme du substantif ou du pronom quand il est sujet, mais pas seulement : c'est aussi la forme du substantif ou du pronom quand il est attribut d'un sujet au nominatif.

Les adjectifs et les participes prennent la terminaison du nominatif quand ils déterminent un substantif ou un pronom au nominatif.

#3 mitrius

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Posté 06 janvier 2011 à 18:58

J'ai compris, merci pour vos éclaircissements détaillés.

Cordialement,

#4 mitrius

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Posté 06 janvier 2011 à 19:14

Ceci étant dit j'ai un problème pour comprendre une phrase.

Voici ci-dessous un texte qui figure sur une stèle au Fort LaLatte en Bretagne :

Hoc castellum
seculo XIV Roche Goyon nuncupatum
XVII Fort La Latte dictum
rediit pristinum statum annis MCMXXXVI
auctorieus Frederico Jouon des Longrais
et uxore Yolande de la Taille Tretinville
industriam et sumptus conferentibus

Regente Petro Paquet
et Paulus Vorin initio et Lucianus Prieur diutius
architecti publici publicum aes
operibus adhibverunt

Indigenae fabri studium et sollertiam in operam contulerunt
fratres et Maria Angelus et Iohannes Lemarchand strenui structores
Franciscus Durand et Paulus Pansard impavidi materiarii
Iohannes Durand lignarius artifex
fratres Levacon periti scanducarii
ceterique iuvante Stephano Doyet custode

Furore teutonica partim combusto
aere publico restauratum fuit
regente Johanne Sonnier
capitali architecto publico

conspectus protectus fuit decisione status consilii
cum prohibitione aedificandi anno MCMLXVII
capella benedicta fuit pristino anno


Utinam aremoricum hoc castellum
cuius refectio feliciter finita
magnae molis erat
pie servetur a posteris
longum in aevom


Et voici ma traduction (que vous pouvez corriger) :

Ce chateau, qui s'appelait Roche Goyon au 14e siècle, et Fort La Latte au 17e siècle, a été restauré dans sa forme d'autrefois en 1936, grâce aux contributions et à l'activité de Frédéric Jouon des Longrais et sa femme Yolande de la Taille Tretinville.

Les travaux furent conduit par les architectes des monuments historiques Pierre Paquet et Paul Vorin, puis par Lucien Prieur, grâce à des fonds public.

Les artisans de la région réunissèrent une main-d'oeuvre habile et passionnée : Jean Lemarchand et sa soeur Marie-Ange, maçons diligents ; François Durand et Paul Pansard, ébénistes intrépides ; Jean Durand, charpentier adroit ; les frères Levacon, escaladeurs (?) expérimentés, tous les assistants, ainsi que le gardien Stéphane Doyet.

En partie brulé par la fureur allemande, il fut rebati grâce à des fonds public sous la conduite du distingué architecte des monuments historiques Jean Sonnier,

[ conspectus protectus fuit decisione status consilii
cum prohibitione aedificandi anno MCMLXVII
capella benedicta fuit pristino anno ]


Si seulement ce chateau breton, qui était en grande difficulté et qui a été finalement réparé avec bonheur, puisse être préservé pieusement et éternellement pour nos descendants.


Je ne comprends pas le sens exact de la phrase en rouge, et surtout du mot "capella".

PS : les retours à la ligne de la version latine sont tels que sur la stèle.


Merci pour tout conseil,

#5 Fernand

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Posté 06 janvier 2011 à 19:29

Ah oui, mais là, CONSPECTVS n'est pas le participe passé passif de CONSPICIO, c'est le substantif CONSPECTVS, VS "la vue" (ici "le paysage"...). On dit qu'on a préservé le lieu en interdisant les nouvelles constructions.

Capella : la chapelle (ou éventuellement "la chevrette", mais pas ici ;) )

conspectus protectus fuit decisione status consilii
cum prohibitione aedificandi anno MCMLXVII
capella benedicta fuit pristino anno


"Le cadre a été protégé par décision du Conseil d'État,
avec interdiction de construire, en l'an 1967.
La chapelle a été bénie l'année précédente."

Note.- Les formes comme protectus fuit, benedicta fuit ne sont pas des parfaits passifs corrects (on devrait avoir EST au lieu de FUIT). Les rédacteurs modernes ont été influencés par le français ("fut protégé, fut bénie"). Cette distorsion se retrouve dans les actes rédigés par les braves curés des temps modernes (baptizatus fuit au lieu de baptizatus est pour "a été baptisé")

#6 mitrius

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Posté 07 janvier 2011 à 11:08

Merci mille fois pour votre aide. En effet cela parait évident une fois la traduction dévoilée :)

Pour "capella", le mot "chapelle" n'est pas dans le Gaffiot. On ne trouve que "chèvre" ou un nom propre. Où l'avez-vous trouvé ? svp

#7 Fernand

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Posté 07 janvier 2011 à 15:01

Ça doit se trouver dans les dictionnaires de latin du Moyen Âge. On dispose du vieux Du Cange (Glossarium Mediae et Infimae Latinitatis, une bonne demi-douzaine de volumes de 1200 pages grand format), disponible et téléchargeable en ligne mais tout est en latin... Un résumé de cet ouvrage en un volume, dû à Maigne d'Arnis, est également téléchargeable en ligne (Lexicon manuale ad scriptores mediae et infimae latinitatis). On peut aussi consulter en ligne, mais partiellement, le Mediae Latinitatis lexicon minus de Niermeyer, plus récent mais moins complet.

#8 mitrius

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Posté 07 janvier 2011 à 15:06

Merci beaucoup.




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